La découverte du corps de Krishna Aguilera, une jeune femme de 19 ans disparue en octobre 2025, a mis en évidence le lien entre la vulnérabilité des jeunes, les réseaux criminels et les dynamiques de manipulation qui se développent souvent dans l’ombre de l’esthétique numérique et de la surexposition sur les réseaux sociaux.
L'enquête judiciaire et policière a progressé grâce à des arrestations et à des mesures d'instruction que le parquet et la PDI ont qualifiées de liées à un enlèvement suivi d'un homicide prémédité et à des liens présumés avec des activités illicites sur le territoire.
Pourquoi cette affaire nécessite une approche préventive
Au-delà du cadre pénal, ce phénomène constitue un diagnostic social : des jeunes en quête d’appartenance, une reconnaissance qui s’achète à coups de « likes » et de vues, et des adultes qui exploitent ce besoin. Lorsque l’éducation sexuelle fait défaut ou est incomplète, elle ne prépare pas les jeunes à repérer le « grooming », la manipulation émotionnelle, ni les signes de recrutement utilisés par les réseaux et les organisations criminelles.
Chiffres clés et contexte (sources officielles)
Les indicateurs officiels du Parquet, du SernamEG et de la PDI montrent que la violence extrême à l’égard des femmes et le nombre de victimes de traite ou d’exploitation identifiées se sont maintenus à des niveaux préoccupants entre 2020 et 2025 ; le nombre de victimes identifiées et les opérations menées par la PDI (Brigade d’enquête sur la traite — BRITRAP) ont augmenté ces dernières années, ce qui suggère à la fois une présence opérationnelle accrue et une meilleure visibilité du phénomène.
Remarque : pour connaître les chiffres exacts et les données annuelles, veuillez consulter les rapports publics du Parquet national, de la PDI (BRITRAP) et du SernamEG.
Cas similaires (2020-2025) : synthèse comparative
| Année | Féminicides (statistiques officielles) | Victimes de traite/d'exploitation (PDI/BRITRAP) | Affaires médiatiques liées |
|---|---|---|---|
| 2020 | ~47 | baisses comparatives | Plaintes concernant des réseaux locaux d'exploitation |
| 2021 | ~55 | augmentation du nombre de plaintes | Démantèlement de groupes locaux |
| 2022 | ~52 | détection croissante | Opérations portant à la fois sur le trafic de drogue et l'exploitation |
| 2023 | ~43–51 | ~152 victimes recensées | Arrestations et sauvetages par les brigades |
| 2024 | ~43–50 | ~216 victimes recensées | Démantèlement de réseaux liés au crime organisé |
| 2025 (partiel) | données partielles | rapports intermédiaires (1er semestre 2025 : chiffres clés) | Affaire Krishna Aguilera (octobre 2025) |
Source : compilation de rapports publics (Parquet national, PDI — BRITRAP, SernamEG) et d'articles de presse reprenant des documents officiels.
La banalisation, les réseaux sociaux et l'esthétique : une cartographie des risques
La culture numérique incite à la mise en scène : des images retouchées, une validation par des indicateurs et des modèles qui privilégient l'esthétique au détriment de la protection.
Cet écosystème permet aux recruteurs de se présenter comme des « protecteurs » et de proposer de l'argent, des voyages ou des fêtes — ce qui sert de leurre pour attirer les jeunes dans des réseaux d'exploitation et de trafic de drogue.
La clé de la prévention consiste à apprendre à reconnaître ce leurre et à privilégier la vie privée et l'autonomie plutôt que la reconnaissance publique.

Comment repérer la manipulation : des indices concrets
- Relations avec des adultes nettement plus âgés ou en dehors du cadre familial.
- Isolement progressif du cercle d'appui.
- Contrôle ou restriction de l'utilisation des appareils exercé par des tiers.
- Des cadeaux inexplicables qui engendrent une dépendance économique.
- Liens avec des zones à haut risque (bunkers, collines, locaux non réglementés).
Des pratiques évolutives que l'on peut mettre en œuvre
- Mettre en place des modules obligatoires d'éducation sexuelle globale dans les établissements scolaires, en mettant l'accent sur toilettage, le consentement et les risques liés au numérique.
- Protocoles interinstitutionnels (établissement scolaire – services de santé – municipalité – PDI – parquet) visant à mettre en place des procédures accélérées de protection et de signalement.
- Des campagnes publiques qui remettent en question l'esthétique en tant que valeur et promeuvent des modèles qui privilégient l'autonomie et les droits.
- Programmes communautaires destinés aux jeunes en situation de vulnérabilité, comprenant une formation aux compétences exécutives (planification, régulation émotionnelle).
Estimation économique : quels sont les enjeux de l'exploitation sexuelle et pourquoi cela nous concerne-t-il ?
À l'échelle mondiale, l'exploitation sexuelle dans le cadre du travail forcé engendre des milliards de dollars par an.
Pour le Chili, une estimation prudente (fondée sur une méthodologie proportionnelle et la détection opérationnelle) laisse supposer l'existence d'un marché illicite lié à l'exploitation et à la traite qui pourrait se situer dans une fourchette de des centaines de millions de dollars par an. Ces chiffres sont approximatifs et doivent être considérés comme des indicateurs à titre indicatif qui soulignent l'ampleur du problème et la nécessité de mesures coordonnées.
Éducation, prévention et action communautaire
Krishna Aguilera doit devenir un moteur de transformation des pratiques : des programmes scolaires aux politiques publiques. Éduquer à la sexualité, c’est protéger ; promouvoir l’intimité et l’autonomie, c’est prévenir ; coordonner les institutions, c’est démanteler les réseaux criminels qui exploitent nos jeunes filles.
Remarques : cet article présente un résumé des données officielles ; pour obtenir les chiffres exacts et télécharger les rapports, veuillez consulter le site du Parquet national, de la PDI (BRITRAP) et du SernamEG.



